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septembre 2011




seul, esperluète





Titre : Seul
Auteur : John Mulgan

Traducteur : Pierre Furlan
Editeur : Esperluète
Format : 14 x 20 cm
Couverture couleur
224 p.
18 €
isbn : 978-2-35984-019-3










Seul, de John Mulgan
et traduit de l'anglais
par Pierre Furlan



Héroïque dans son propos, Seul est un roman qui donne une perspective essentielle sur la Nouvelle-Zélande et la crise qui a précédé la Seconde Guerre mondiale. Efficace à la manière d’Hemingway, anticipant sur l’existentialisme de Camus, Seul s’inscrit comme une œuvre marquante de la littérature mondiale du XXe siècle.

Quelques années avant la grande crise de 1929, le jeune Johnson, personnage central de Seul, émigre vers la Nouvelle-Zélande, pays qu’il découvrira en étranger, toujours un peu décalé. Emporté par le flot de l’Histoire et de ses bouleversements économiques, Johnson va errer d’un travail à l’autre jusqu’à ce qu’il rencontre, dans une ferme isolée, une jeune Maorie qui fera de lui un meurtrier involontaire. Il s’enfuira alors dans les forêts presque impénétrables de l’île du Nord où, tel un Robinson, il ne survivra qu’au prix de terribles privations. Il finira par gagner l’Angleterre avant de repartir combattre en Espagne aux côtés des Républicains. Parcours tumultueux qui semble dessiner une question : l’homme seul, à la fois fort et faible par sa solitude même, peut-il dépasser sa condition et trouver le chemin d’une nouvelle fraternité ?

Extrait :

« Des guerres, tu peux en voir quand tu veux, a dit Johnson. Dans le monde, aujourd’hui, il y en a plein. Il y a quelques années, c’était différent. C’était des histoires de vieux. Le genre de choses qu’on racontait autour du feu.
— Tu as été dans la Grande Guerre. Dis-moi comment c’était.
— J’ai été dans toutes les guerres, a dit Johnson, mais je ne pourrais rien t’en dire.
— Tu n’as pas envie ?
— Je ne pourrais rien t’en dire même si je voulais. C’était rien de particulier. Tu ne comprends pas la guerre si tu ne l’as pas vue. Et si tu l’as vue, tu ne la comprends pas. »
La chaleur était étouffante, dans le café, mais le bruit a quand même commencé à baisser autour de nous ; l’odeur de poisson et d’huile de cuisine se mélangeait à la fumée du tabac.
« Je ne pourrais pas te parler de la guerre, a dit Johnson. Ce n’était pas très différent du reste. Je pourrais te raconter des choses pires sur la paix.
— La paix, c’était quoi ?
— Le petit bout entre deux.
— Des choses pires ?
— Plus vraies. »
Alors, comme je ne voulais pas bouger et que j’étais tout prêt à l’écouter, je lui ai dit  : « Eh bien, parle-moi de la paix. » »







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