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octobre 2011
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| Lisbonne, photographies d'Edith Bricogne, trois textes du Livre de l'intranquilité de Fernando Pessoa, traduit du portugais par Patrick Quillier |
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Étagée
sur ses sept collines, Lisbonne est une ville qui se conquiert d’abord
avec le corps : il faut marcher, monter pour redescendre et
lorsqu’enfin le pied s’est fait souple, le promeneur est happé par un
nouveau rapport à l’espace dans ces montées et descentes parfois
vertigineuses. La ville semble sabrée de percées et de failles qui
plongent vers le Tage. C’est de lui que monte la lumière qui poudre de
blanc les horizons, qui livre la ville dans son éclat au voyageur
pressé. Edith Bricogne sait que Lisbonne est une ville secrète qu’il faut apprivoiser. Ce livre retrace son cheminement sensible : elle guette un rai de lumière qui ouvre l’abîme de l’ombre, elle guette les absents qui refusent le jour, elle guette le silence sur la mémoire qui se creuse. Le sombre se dissout dans un halo de lumière dorée et parfois la violence de deux couleurs qui se côtoient nous parle d’un ailleurs lointain. C’est une autre ville qui se donne à voir et qui se donne à aimer. En introduction trois textes extraits du Livre de l’intranquillité de Fernando Pessoa, auteur et personnalité incontournable de Lisbonne : « Dans le brouillard léger de ce matin de mi-printemps, la Baixa se réveille tout engourdie et le soleil se lève comme s’il était lent. Il y a une joie tranquille dans l’air pour moitié froid, et la vie, sous le souffle léger de cette brise qui n’est pas, tremblote vaguement de ce froid déjà passé, au souvenir du froid plus que du froid lui-même, par comparaison avec l’été prochain, plus que sous l’effet du temps qu’il fait en ce moment. » |
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